novembre 03 2015 0Commentaire

Menace à la bombe: un fléau

Qu’elle se produise dans un établissement de santé, d’enseignement, en milieu industriel ou commercial, la menace à la bombe est un événement perturbateur important. La plupart du temps, les auteurs d’une menace à la bombe ne cherchent qu’à nuire à la bonne marche de l’organisation visée. Il y a autant de motifs qu’il y a d’appels. Cependant, nous pourrions les classer en quatre grandes catégories, à savoir :

  1. Vengeance (congédiement- licenciement, traitement d’un différend, conflit de travail, etc.)
  2. Insatisfaction à l’égard d’un service reçu
  3. Désir de faire suspendre une activité prévue à l’horaire
  4. Problème lié à la santé mentale d’un individu

 

Hormis certains cas d’exception liés par exemple à la présence d’un personnage politique, un membre du crime organisé ou dans un contexte de violence conjugale en milieu de travail, la plupart des menaces sont jugées non fondées après l’analyse et les fouilles.

 

PROBABLE OU IMPROBABLE ?

Au Canada en 2013, selon la GRC, il s’est produit 144 événements liés aux explosifs. De ce nombre, 17 événements ont été considérés comme étant des attaques réussies, c’est-à-dire qu’il y a eu explosion. C’est la récupération d’explosifs industriels ou militaires qui représente le plus grand nombre d’événements avec un total de 72 soit la moitié des événements signalés. Enfin, 16 colis dits factices ont été découverts contre 10 récupérations d’engins explosifs de nature militaire

Pour le Québec en 2013, un total de 25 événements ont été répertoriés dont 17 étaient liés à la récupération d’explosifs industriels ou militaires. Étonnamment, 2 événements ont été considérés comme étant des attaques réussies. Malheureusement, la statistique consultée ne faisait pas mention du milieu dans lequel l’événement est survenu. Dans ce contexte, il est donc important de toujours prendre au sérieux une menace à la bombe, qu’elle soit transmise via un appel, par la réception d’une lettre ou par tout autre moyen écrit.

 

ÉVALUATION DE LA MENACE ET DU RISQUE

Dans tous les cas où une menace est reçue, il importe d’en faire une évaluation afin d’en mesurer le risque en fonction de critères objectifs tels que :

  • Qui est le destinataire de la menace (corporatif ou s’adresse à une personne en particulier; dans un tel cas s’agit-il d’un gestionnaire, d’un professionnel ou d’un employé?);
  • Quel est la précision ou non du message (la personne qui menace s’emble-t-elle connaître les lieux ?);
  • Le délai annoncé (raisonnable ou expiré);
  • Quels sont le ou les motifs évoqués dans la menace (raison réelle ou probable ou événement lié);
  • Comment est le climat organisationnel actuel ? (mécontentement, conflit de travail, perte d’emploi, compression budgétaire annoncée);
  • Avons-nous dans nos lieux une personne qui pourrait être victime d’un attentat et qui serait susceptible de connaître une personne qui voudrait réellement attenter à sa vie ?
  • Y a-t-il découverte ou non d’un colis suspect ?

 

Au terme de l’évaluation, une décision devra être prise quant au type de mesures de sécurité qu’il faudra déployer. Ces mesures vont dépendre d’un certain nombre de critères, à savoir :

  • Type d’appel : précis ou imprécis
  • Délai annoncé avant l’explosion présumée
  • Découverte ou non d’un colis suspect

 

Ainsi, la mise en application du plan d’intervention pour contrer une menace à la bombe peut être nécessaire pour les motifs suivants :

  • Réception d’une lettre de menace
  • Découverte d’un colis suspect
  • Réception d’un appel de menace à la bombe

 

TECHNIQUES DE FOUILLE
Sur la base de l’évaluation de la menace et des conséquences, il vous faudra ensuite choisir parmi les techniques de fouilles suivantes, et ce en fonction de la situation:

  • Fouiller sans faire évacuer les lieux
  • Faire évacuer les lieux puis entreprendre la fouille
  • Évacuer les lieux et entreprendre la fouille simultanément

 

IMPORTANT : Si votre évaluation de la menace mène à l’évacuation des lieux, avant de procéder à l’évacuation il importe de faire vérifier les issues et les accès aux issues ainsi que les points de rassemblement externes afin de s’assurer qu’ils sont sécuritaires.

 

En milieu hospitalier, par exemple, l’option d’évacuer les lieux ne devrait être envisagée que si un colis suspect est localisé. Dans un tel cas, la stratégie de la boîte s’appliquera. On devra alors évacuer :

  • L’étage où est localisé le colis suspect
  • L’étage au-dessus
  • L’étage en-dessous

 

Par la suite, l’artificier devra évaluer si le périmètre de sécurité est adéquat et commander son élargissement s’il y a lieu.

À noter par ailleurs que l’intervention du Service de Police se situe à deux niveaux, le premier consiste à collaborer à la fouille du périmètre extérieur, et le deuxième à effectuer l’opération de désamorçage advenant la découverte d’un engin vraisemblablement explosif. Il est peu probable que les policiers effectuent une fouille intérieure du bâtiment, compte tenu de leur méconnaissance des lieux.

C’est pourquoi il est impératif que vos ressources internes soient autonomes dans le cadre du déploiement de ce plan d’intervention spécifique.

 

EN PERSPECTIVE

Nous n’avons abordé qu’une petite partie de ce que représente une menace à la bombe et vous êtes certainement à même de constater qu’il ne peut y avoir d’improvisation dans l’exécution du plan d’intervention. Ainsi, toute menace à la bombe se doit d’être prise au sérieux. N’oubliez pas, même si le Service de Police vient en appui pour la fouille, celle-ci demeure votre entière responsabilité

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